Claude Raynal Sénateur

Actu Sénat

Filières «djihadistes» : pour une réponse forte et globale

J’ai eu l’honneur d’être désigné membre de la commission d’enquête sur les filières djihadistes.
Nous avons rendu un rapport complet sur ce sujet. Nous avons mené un grand nombre d’auditions et de visites sur les lieux pour cerner ce nouveau phénomène et y apporter une réponse adaptée.

Nous avons d’abord effectué une analyse du contexte ayant donné naissance au phénomène des départs de jeunes « djihadistes » de la France vers des zones de combat en Syrie ou en Irak, avant d’évaluer la réponse des pouvoirs publics à cette situation. Nous présentons ensuite une série de propositions destinées à améliorer cette réponse, avec le souci de donner une égale importance aux mesures préventives destinées à entraver les processus de radicalisation et aux mesures ayant pour objet de suivre, de contrôler et de réprimer les réseaux djihadistes.

A cet égard, la centaine de propositions de ce rapport peut être regroupée autour de 5 objectifs :

Tout d’abord, prévenir la radicalisation sur le terrain ou sur les réseaux sociaux. Car c’est en amont de la radicalisation que les politiques publiques donnent des meilleurs résultats, que ce soit par la formation des acteurs de terrain ou l’amélioration de la prise en charge des personnes radicalisées afin d’éviter qu’elles basculent dans le djihadisme.

Ensuite, le renforcement des moyens et de la coordination entre les services antiterroristes. Le but étant non pas d’élargir la communauté du renseignement, mais de mieux coordonner l’action de ces services. Ainsi, il nous est apparu souhaitable de renforcer le service central du renseignement territorial, afin de pouvoir détecter au plus tôt les djihadistes putatifs.

De plus, la question des réseaux de financement des djihadistes est centrale. A cet égard le rapport propose d’accroître les moyens de TRACFIN au plan national et de développer à l’échelon européen une politique globale de lutte contre le financement du terrorisme.

Toujours à l’échelon européen, la question d’un meilleur contrôle des frontières extérieures de l’Union est nécessaire pour empêcher les candidats au djihad de rejoindre les zones de conflit. C’est pour cela que nous avons souhaité la mise en place d’un corps de gardes frontières européen permanent.

Enfin, pour les djihadistes passés à l’acte, l’adaptation de la réponse pénale et carcérale est nécessaire afin de neutraliser les phénomènes de radicalisation en prison. A cet égard, nous souhaitons le développement des régimes spécifiques de gestion de la détention adaptés aux différents profils de la radicalisation carcérale, ainsi que le renforcement du suivi judiciaire des condamnés pour terrorisme pendant et après leur peine. Ce dernier point passe notamment par la création d’un fichier centralisant les données des personnes condamnées pour terrorisme.