Claude Raynal Sénateur

Actu Métropole

Impôts : double hausse pour les Toulousains

Après la hausse des impôts de la métropole hier, une seconde à Toulouse sera votée aujourd’hui. Petit infléchissement hier, les 15% prévus sont étalés en deux fois 7,5 %.

C’est la semaine des hausses. Hier, les élus des 37 communes de Toulouse métropole ont voté une augmentation de la part intercommunale des impôts locaux. Et aujourd’hui, au conseil municipal de Toulouse, le boom surprise de 15% annoncé la semaine dernière par le maire devrait, à son tour, être avalisé. Si on ajoute à ces taux la progression des bases, votée chaque année par le Parlement, cela fait même trois mauvaises nouvelles d’un coup qui vont faire grimper en flèche les impôts locaux. Selon une projection réalisée par le Capitole, l’impact cumulé ville-métropole pour un foyer toulousain de deux enfants propriétaire de son logement pèse près de 10 € par mois. Une moyenne qui ne rend cependant pas compte de la diversité des situations. Certaines communes, par ailleurs, n’augmentent pas, elle, leurs impôts.

 

15% d’un coup

Le premier épisode hier à la métropole a porté sur le rythme de l’augmentation. Jean-Luc Moudenc avait annoncé la semaine dernière 15% d’un coup . Stupeur chez les autres groupes politiques : à l’issue du séminaire financier de septembre, l’hypothèse d’une progression de 4% par an avait été envisagée. «Il vaut mieux anticiper pour disposer de ressources nécessaires», justifie Sacha Briand, vice-président chargé des finances.

Claude Raynal, pour le groupe PS, ne l’entend pas de cette oreille. Il se fâche sur l’annonce des taux à la presse avant l’information des élus. Et juge que 15% de suite, c’est trop. «C’est la solution de facilité : il manque de l’argent, on le demande aux citoyens». Une «erreur totale» car «en des temps difficiles, il faut tout remettre sur la table». Est-ce que programmer 240 M€ annuels d’investissements, ce n’est pas trop? s’interroge-t-il. Claude Raynal n’oublie pas le ras-le-bol fiscal et affirme surtout qu’«en l’absence de programmation des investissements, on ne sait pas encore à quoi ces recettes vont servir.»

«Si Toulouse métropole réduit son investissement, Toulouse métropole réduit sa raison d’être», résume Sacha Briand. «Je suis contre l’austérité», renchérit Jean-Luc Moudenc qui rappelle par ailleurs que la collectivité «fait en même temps un effort pour réduire son coût de fonctionnement.»

Finalement, la «contre-proposition» de Joseph Carles (radicaux), objet de coups de fils préalables en coulises, l’emporte : 7,5% cette année, autant l’an prochain. Claude Raynal ironise : «passer de 15 à 7,5 représente 15 M€ qu’on raye d’un coup.» La majorité, les indépendants et une partie des radicaux votent pour. Le PS, le PC, les Verts et le groupe de Marc Péré contre.

Le coup de gueule des élus socialistes

Depuis la perte de Toulouse pour le PS l’an dernier, ces deux-là ont plutôt tendance à se tourner le dos qu’à se retrouver côte à côte. Pierre Cohen, l’ancien maire de Toulouse aujourd’hui conseiller municipal d’opposition, et Claude Raynal, qui dirige le groupe PS à Toulouse métropole, s’en amusent eux-mêmes. Hier, ils ont tenu une conférence de presse commune avant le conseil de métropole et à la veille du conseil municipal de ce matin. L’union sacrée face aux annonces de Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse métropole, la semaine dernière, sur les hausses d’impôts pour la ville et l’intercommunalité.

Rien n’a plu aux deux hommes et surtout pas la manière. Jeudi dernier, à 14 heures, Jean-Luc Moudenc annonce la hausse de l’imposition métropolitaine à la presse en présence des élus de sa majorité. Les élus des groupes minoritaires, qu’ils soient maires ou pas, n’ont découvert le taux qu’à cette occasion. «C’est une rupture du mode de fonctionnement de l’intercommunalité», a dénoncé Claude Raynal. A la métropole, les élus, minoritaires et non opposants jusqu’à présent, sont en effet associés à la gestion. Sur le fond, il a stigmatisé «une faute» (lire ci-dessus). Pour Pierre Cohen, Jean-Luc Moudenc «a menti» en ne respectant pas sa promesse de stabilité fiscale, et, en rejetant la responsabilité sur son prédécesseur, il «utilise un outil de communication qui ne convainc personne. Nous avons équilibré les trois budgets : ville, intercommunlité et Tisséo. Aujourd’hui, on ne connaît toujours pas son projet : les investissements, les services publics impactés...»