Claude Raynal Sénateur

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Nouveau tour de vis sur les dépenses de la Métropole

"Le plafond de dépenses imposé par l'État à Toulouse Métropole implique une nouvelle cure d'amaigrissement. La contrainte a suscité la controverse hier entre élus.

Ne dites plus «baisse des dotations de l'État», mais «limitation de la progression des dépenses». Avec Emmanuel Macron, le vocabulaire et la méthode ont changé. Mais la pression est toujours de mise sur les collectivités locales. Dépenser, les élus peuvent toujours mais dans une limite stricte : la loi leur impose désormais de ne pas dépasser une progression de 1,2 % de leurs dépenses.

C'est au préfet qu'il revient de contractualiser avec les maires et présidents de collectivités cet engagement. Hier, lors de l'assemblée de Toulouse Métropole, le sujet, hermétique mais décisif, est, pour la première fois localement, arrivé sur le tapis. Et il a donné lieu à une longue controverse entre élus.

 

Où tailler?

Vice-président chargé des finances, Sacha Briand a rappelé le credo de la Métropole, comme de la mairie : «faire plus avec des moyens contraints». Soit «assumer la maîtrise des dépenses» pour «maintenir les politiques publiques.» A gauche, Marc Péré, président du groupe Métropole citoyenne, a le premier opposé l'exact contrepoint : la réduction des dépenses est, pour lui, un mauvais coup porté aux services publics, et annonciatrice de «privatisations».

La Métropole a obtenu un taux plafond de 1,35 %, plus favorable donc que le 1,2. Sur ses dépenses (532 M€ en 2017), cela impliquerait, pendant trois ans, 7 à 9 M€ d'économies annuelles. Où faudra-t-il tailler? À cette question, soulevée par Michèle Bleuse (EELV), la majorité, qui aurait indiqué ne pas vouloir couper les dotations aux communes, ne répond guère. D'où la demande unanime, à l'exception du groupe des indépendants, de reporter à juin la décision.

Il y aura un tour de vis mais c'est «jouable», a assuré Sacha Briand lors du point presse. «Ce n'est pas facile mais accessible.» Président de la commission des finances, président des radicaux, Joseph Carles ne partage pas cet optimisme. Il pronostique un autre scénario : une contractualisation sans respect de l'objectif. Mais avec l'avantage d'une pénalité plus faible.

Les élus socialistes étaient prêts à s'abstenir, voire à approuver en juin, a avancé Claude Raynal. Ils ont finalement voté contre. «Obtenons plus du gouvernement», a recommandé le président du groupe, rejoint par Joël Carreiras.

 

En verve, Claude Raynal a ironisé sur la «précipitation» à signer d'un Jean-Luc Moudenc peint sous les traits d'un «disciple» de Macron après avoir été «le bon élève» puis «le premier courtisan». L'intéressé renvoie la balle : le vrai père de la contractualisation est le socialiste Martin Malvy. Et il insiste : «Nos concitoyens nous demandent de faire des efforts de gestion.» Reste à dire lesquels

 

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