Claude Raynal Sénateur

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La colère de Claude Raynal : « Mais où va Jean-Luc Moudenc ? »

Interview de Claude Raynal parue dans "La Dépêche du midi"

Le maire PS de Tournefeuille et vice-président de Toulouse Métropole dit son inquiétude et sa colère sur le fond et la forme de la politique de la nouvelle majorité dans le domaine crucial des transports.

Par nature, Claude Raynal recherche plus volontiers le consensus que le clash, mais deux mois après la victoire de Jean-Luc Moudenc aux élections municipales puis sa prise de contrôle de Toulouse Métropole, l’élu socialiste épingle violemment la nouvelle majorité dont il dénonce en particulier la cacophonie dans le domaine crucial des transports.

Quel bilan tirez-vous du premier mois de la gouvernance de Jean-Luc Moudenc à la communauté urbaine ?

Ce rappel tout d’abord : l’intérêt supérieur des élus de gauche à la communauté urbaine, c’est la marche en avant de la métropole. Mais nous voulons travailler avec une majorité respectueuse et qui partage les mêmes valeurs. Or que se passe-t-il depuis l’alternance ? Chaque jour dans la presse, nous découvrons que tel projet est abandonné, tel autre supprimé. Ainsi en va-t-il de la halle de Montaudran, de l’aérotram qui devait relier Purpan à l’Oncopole, du boulevard urbain nord (BUN). Jean-Luc Moudenc a aussi fait campagne sur l’abandon du BHNS ouest et sur l’arrêt du programme tramway. Mais nous attendons toujours de savoir par quoi il va les remplacer. Sur le fond comme sur la forme, je suis inquiet car les transports sont un enjeu majeur pour l’agglomération toulousaine.

Qu’attendez-vous précisément de Jean-Luc Moudenc et de son équipe ?

La pratique de l’effet d’annonce et le détricotage systématique des projets mis en œuvre sous Pierre Cohen ne sont pas les signes d’une politique sérieuse et acceptable. Nous devons pouvoir discuter du projet de déplacements global de la nouvelle majorité dans l’assemblée intercommunale, à supposer qu’il existe. En promettant la deuxième rocade et la troisième ligne de métro, Jean-Luc Moudenc a conçu son propre piège. Ses amis, Borloo en l’occurrence, ont rejeté en leur temps le projet de seconde rocade. Quant au métro qui va mobiliser l’ensemble des crédits alloués au budget des transports de la communauté urbaine, il ne se traduira, à l’issue de ce mandat, que par un schéma et un chiffrage un peu plus précis des dépenses. Je pense en réalité que Jean-Luc Moudenc ne sait pas vraiment où il va. À moins que sa politique des transports se résume à «ça ira mieux dans 15 ans. Les habitants de la métropole sont-ils prêts à l’entendre ?